EXPOSITION COLLECTIVE • LE PARADIGME DES POSSIBLES
VERNISSAGE SAMEDI 21 NOVEMBRE 2026 (14H-19H)
EXPOSITION DU 21 NOVEMBRE 2026 AU 16 JANVIER 2027
Artistes: Anne-Camille Allueva, Catherine Balet, Vincent Ballard, Rachelle Bussières, Juan Couder, Renato D’Agostin, Martin Désilets, Máté Dobokay, Joanne Dugan, Vittoria Gerardi, Hideyuki Ishibashi, Morvarid K, Thomas Paquet, Malcolm Pate, Jean de Pomereu, Gilles Pourtier, Marleen Sleeuwits, Charles Xelot.
« L'ennemi de la photographie, c'est la convention », László Moholy-Nagy (Vision in Motion, 1947)
Deux cents ans après son invention, que peut encore devenir la photographie ? Alors que les célébrations du bicentenaire de la photographie invitent naturellement à revisiter deux siècles d'histoire, de découvertes et de révolutions esthétiques, nous avons fait le choix de porter notre regard dans une autre direction : non pas vers ce que la photographie a été, mais vers ce qu'elle pourrait devenir. Intitulée Le Paradigme des Possibles, cette exposition collective sous le commissariat de Thierry Bigaignon, réunit une vingtaine d'artistes dont les pratiques interrogent, déplacent et réinventent les fondements mêmes du médium photographique.
Depuis son invention, la photographie n'a cessé de repousser ses propres frontières. D'abord considérée comme un procédé d'enregistrement du réel, elle s'est progressivement imposée comme un langage artistique à part entière, capable de transcender sa vocation documentaire. Mais si deux siècles d'expérimentations en ont révélé l'extraordinaire richesse, peut-être n'avons-nous encore exploré qu'une infime partie de ses possibilités. Aujourd'hui, à l'heure où les images sont produites, reproduites et diffusées à une échelle sans précédent, de nouvelles pratiques nous invitent à reconsidérer non seulement la nature de la photographie, mais aussi l'étendue de ce qu'elle peut être.
Que reste-t-il de la photographie lorsqu'elle ne représente plus le réel ? Lorsqu'elle se passe d'appareil, s'affranchit du tirage, quitte le mur pour investir l'espace ? Lorsqu'elle devient sculpture, matière, volume, expérience lumineuse ou phénomène temporel ? Lorsqu'elle renonce à fixer l'image pour en révéler au contraire l'instabilité, la disparition ou la transformation ? Et que devient-elle lorsque l'intelligence artificielle remet en question le lien historique entre image et réalité ? À travers des œuvres qui convoquent aussi bien les procédés historiques que les technologies contemporaines, Le Paradigme des Possibles explore ces territoires encore mouvants où la photographie dialogue avec la sculpture, la chimie, la physique, l'architecture et les nouvelles formes de représentation.
L'une des hypothèses centrales de l'exposition concerne la place même de la photographie dans l'espace. Après deux siècles dominés par l'image encadrée et accrochée au mur, et si l'avenir du médium passait aussi par la conquête d'une troisième dimension ? La scénographie donne corps à cette interrogation en faisant de l'objet photographique, du volume et de la sculpture les protagonistes d'un dialogue inédit. Ce qui fut longtemps considéré comme périphérique pourrait ainsi devenir l'une des expressions majeures de la photographie de demain. Ici, la lumière n'est plus seulement ce qui rend l'image possible : elle devient parfois le sujet même de l'œuvre. Le temps n'est plus uniquement celui de l'exposition photographique : il agit sur la matière, transforme les surfaces et participe à la création. Quant au support, longtemps considéré comme le réceptacle de l'image, il acquiert une autonomie nouvelle, jusqu'à devenir lui-même l'objet de l'expérience artistique.
Loin de chercher à définir ce que serait la photographie de demain, l'exposition propose une constellation d'hypothèses. Chaque œuvre ouvre une voie, formule une proposition, esquisse un futur possible. Ensemble, elles dessinent les contours d'un médium dont la vitalité réside précisément dans sa capacité à se réinventer, à remettre en question ses propres conventions et à explorer ce qui semblait jusqu'alors lui être étranger. Peut-être ne s'agit-il d'ailleurs plus de repousser les limites de la photographie, mais de reconnaître qu'elles sont elles-mêmes devenues incertaines. Car peut-être est-ce là le véritable enjeu de ce bicentenaire : comprendre que la photographie ne se définit plus seulement par ce qu'elle nous donne à voir, mais aussi par tout ce qu'elle nous permet désormais d'imaginer.
Cette exposition bénéficie du label officiel du ministère de la Culture dans le cadre du Bicentenaire de la photographie, célébré en France de septembre 2026 à septembre 2027.
